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10 ZOOM SUR NOS PROJETS
Entretien avec M. HOUAS Atmane Ingénieur écologue
En tant qu’ingénieur écologue impliqué dans le projet de
l’Inventaire Forestier National (IFN), pourriez-vous nous parler de
votre rôle ainsi que de vos principales missions au sein de ce projet
1.Quelles sont les principales étapes d’une mission de
terrain consacrée à délimitation et à la mesure d’une M. HOUAS Atmane
placette forestière ? Ingénieur écologue
Une mission se déroule en trois étapes : la préparation en amont
(ciblage des points par satellite), le déploiement sur site navigation
GPS pour localiser la placette, et enfin la collecte des données qui
consiste à l’identification des essences, la mesure du diamètre et la
hauteur des arbres. L’approche s'adapte strictement au territoire, la
densité des forêts du Nord impose un inventaire stratifié et
systématique avec maillage, tandis que la végétation éparse du
Sud (zones steppiques et sahariennes) exige un échantillonnage
adapté à de grands espaces
2.Quels équipements et outils sont indispensables pour
réaliser efficacement les relevés de terrain dans le cadre
d’un inventaire forestier ?
Pour mener à bien un inventaire forestier et garantir la fiabilité de
chaque relevé, nous nous appuyons sur un ensemble d’outils
spécialisés comprenant Le compas forestier et le ruban, Le
relascope de Bitterlich, La tarière de Pressler, le clinomètre, et enfin
les fiches de collecte de données. En complément de ces outils, Le
BNEDER a modernisé notre équipement en mettant à la disposition
des ingénieurs de terrain des tablettes numériques, Cet outil
permet la navigation pour localiser les placettes, la collecte de
données et la prise de photos. Cette intégration rend notre travail
beaucoup plus efficace et ergonomique, tout en réduisant
considérablement la marge d’erreur sur le terrain.
3.Quelles différences observez-vous entre les travaux de
terrain réalisés dans les forêts du Nord et ceux effectués
dans les zones steppiques ou sahariennes ? »
Cette dualité fait toute la richesse de l’Algérie, posséder ces deux
grands écosystèmes permet d'abriter une immense diversité
forestière, avec des essences typiques du Nord et d'autres haute-
ment résilientes spécifiques au Sud, sur le plan technique, ce sont
deux mondes totalement différents.
Dans le Nord la végétation peut parfois être très dense, le principal
défi réside dans l'accessibilité et la pénétrabilité, le relief accidenté
et cette densité rendent la marche et l'accès à certaines placettes
particulièrement physiques et complexes. Dans le Sud la végétation
est éparse, les essences se concentrent principalement dans les
dépressions d'eau, comme les dayas et les lits d'oueds. Ici, les défis
sont d'une autre nature, il faut gérer les très grandes distances
pour relier les zones cibles, naviguer dans des espaces immenses et
surmonter le risque permanent d'ensablement des véhicules. En
résumé, là où le Nord nous impose un défi de progression physique
à travers une végétation fermée, le Sud nous confronte à des défis
de logistique et de navigation en milieu aride.
BNEDER MAG / Juin 2026

